03.02.2007

Le développement durable à Saint-Dié des Vosges

Nous avons eu récemment le vendredi 19 janvier un conseil municipal sur le développement durable : c’est un sujet passionnant qui intéresse et qui concerne toutes les personnes responsables.
Ce que je déplore, c’est que le conseil a duré 6h00 : 6h00 après une journée de travail, que la majorité conduite par Christian Pierret a parlé plus de 5h00, le reste étant consacré aux 3 groupes d’opposition, et enfin que le but était surtout électoral : Christian Pierret craint qu’un candidat vert se présente aux législatives. Le but pour la majorité était de faire du remplissage, de parler le plus longtemps possible pour faire entrer de force l'idée qu'elle était la seule à faire de l'environnement sa priorité. Ce conseil a fait travailler de nombreux fonctionnaires territoriaux, dans quel but? En France, on fait trop de politique politicienne au dépriment de l’intérêt général. Si les entreprises agissaient de même, il n'y aurait plus d'entreprises en France.
Voici notre point de vue sur le développement durable et ce que nous voulons pour notre ville de Saint-Dié des Vosges.
On peut concilier croissance économique et développement durable à condition de changer nos modes de vie. Développer des biocarburants de synthèse, réorganiser les déplacements , relocaliser certaines productions, rénover l'ensemble de nos bâtiments aux normes éco et avec des matériaux bio exigera des investissements et de la recherche mais cela engendrera de nombreux emplois non délocalisables. Nous voulons accompagner au mieux ces changements et voulons pour vous plus d'espaces verts, un meilleur plan de circulation, un aménagement agréable sur les bords de la Meurthe, et un centre ville plus convivial qui revitalise le petit commerce.

31.01.2007

Nous devons combattre l'exclusion

La santé économique de la société et l'exclusion sont étroitement liées. Le sujet de l'exclusion n'est pas annexe, compassionnel, c’est une réalité de notre société. Ce ne doit pas être seulement l'affaire des associations, mais l'affaire du pays tout entier, l'affaire du Président de la République, porteur et inspirateur de la volonté nationale.
Environ 100 000 SDF sont visibles. Et puis il y a le continent immergé de l'exclusion dans notre propre pays : 4 ou 5 millions de nos compatriotes, dont un million d'enfants. Certains ont perdu tout lien avec leurs voisins, avec l'estime publique, avec le travail ; certains sont atteints par l'exclusion depuis des décennies. On a parfois plusieurs générations en train de reproduire l'absence de normes - ou des normes à part : c'est l'exclusion grave, qui apparaît dans bien des cas comme irrémédiable.
La gravité de la menace, que la persistance de l'exclusion fait peser sur notre pays, exige une volonté politique. La solidité d'une chaîne se mesure à la solidité de son maillon le plus faible : c'est la même chose pour la solidité d'une société.
Cette stratégie globale doit comporter sa part de prévention, mais elle doit commencer par l'urgence.
Un pays comme le nôtre doit se fixer comme impératif, comme objectif vérifiable, d'offrir une solution à chaque SDF en cinq ans - le temps d'une législature. C'est un objectif ambitieux mais possible.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, lorsqu’il était Président du Conseil général, François Bayrou a initié un programme de logements ultra-sociaux pour personnes en situation d'urgence. En 5 ans, 1000 logements ont été récupérés, réhabilités, et le loyer était garanti. Comme on avait en même temps réglé les questions de droits sociaux, il n'y a eu aucun impayé. La garantie n'a pas eu à jouer. Elle était là pour rassurer le propriétaire. Tout cela a été l'œuvre d'une équipe de deux personnes.
Offrir de vraies solutions au lieu des mots, il faut commencer par là. L‘UDF propose que tout programme immobilier comprenne au moins 25% de sa surface en logements sociaux car nous croyons à la mixité : toute politique qui accepte les ghettos nous conduit au type d'impasse dans laquelle nous sommes.
Le travail permet de rendre l'estime de soi, la reconnaissance dans le regard de l'autre, la certitude d'une utilité, à ceux qui sont dans l'exclusion. L'activité universelle, c'est offrir à chacun de ceux qui sont bannis sa place dans la société que nous formons ensemble, par la reconnaissance des richesses qu'il porte en lui. Les RMIstes savent faire plein de choses, ils ont des compétences, des capacités, de la générosité, qui se sont peu à peu effacées, mais qui sont intactes au dessous de cet oubli.
Il y a mille aides, activités, secours, qu'une société comme la nôtre ne « remplit » pas. C'est pitié de le voir. Que la société française se fixe comme devoir de donner une utilité sociale à tous ceux qui peuvent assurer cette activité, est une idée de révolution civique.
Cette activité permettra aussi aux titulaires de minima sociaux d'arrondir leurs fins de mois : les collectivités locales et associations auront les moyens de leur apporter une contrepartie, cumulable un certain temps avec le RMI.
L'activité universelle s'exercera en dehors du secteur concurrentiel. Mais il faut aussi favoriser la reprise d'emploi des chômeurs de longue durée. C'est pourquoi l’UDF propose que chaque entreprise puisse créer deux emplois sans charges, pour que se dégèle le continent des emplois gelés.
Il faut s'attaquer à la jungle, au maquis des aides et contrats de toute nature, comme au labyrinthe des autorités qui gèrent ces contrats. A l’UDF, nous sommes pour un contrat d'insertion unique. Enfin, Diplômé ou non, on ne devrait pas pouvoir quitter un cycle d'études sans avoir été formé à ce que sont l'emploi, l'entreprise, le parcours à suivre jusqu'à l'embauche. On n'imagine pas à quel point ce parcours, c'est du chinois pour les jeunes !
S'il y a un lieu où déjà l'exclusion se manifeste, c'est évidemment l'école.
Nous sommes très déçu des affirmations politiques de ceux qui, à droite et à gauche, considèrent que la solution est l'abandon de la carte scolaire. La carte scolaire a ses faiblesses ; mais derrière l'idée de l'abandonner, on peut comprendre que ceux qui le voudront pourront aller ailleurs, tandis que ceux qui ne sauront pas qu'il faut aller ailleurs resteront dans les établissements déclassés. Un certain nombre d'établissements se retrouveraient en situation de ghettos, ce n'est pas acceptable. Les élèves fauteurs de troubles - qui sont bien souvent eux-mêmes des victimes d'autre chose, car c'est par perte d'estime de soi qu'ils deviennent des caïds de cours de récréation - on doit les extraire de l'établissement qu'ils déstabilisent, et leur offrir une scolarité adaptée. Une scolarité adaptée, c'est-à-dire avec des enseignants et aussi des éducateurs. Car ce n'est pas une solution de faire tourner ces élèves d'un collège A à un collège B pour revenir après au collège A, en attendant l'âge où l'on pourrait "s'en débarrasser sans regrets et sans remords" …
Deuxième chose, toujours pour prévenir l'exclusion : que, dans ces établissements fragiles, on réintroduise de l'excellence. Que dans ces établissements, on ait des classes de niveau supérieur, des classes qui permettent d'atteindre des résultats enviés.
Le calme républicain, l'excellence républicaine, voilà ce qui fera de ces écoles, non plus des ghettos, mais des lieux où l'exclusion sera efficacement combattue.
Je voudrais souligner un point : dans un grand nombre de cas, il est décourageant de sortir du minimum social pour entrer au travail, vous y perdez beaucoup, singulièrement si vous êtes une jeune femme seule qui élève un ou plusieurs enfants. Vous y perdez un certain nombre d'aides complémentaires qui sont attachées à ces minima sociaux. Et vous devez faire face à la garde des enfants, au transport… C'est une "trappe" dont il faut sortir.
L’UDF propose l'unification des minima sociaux en une allocation unique, par points (par exemple, être en situation de femme seule avec enfants donnerait tant de points), conciliable un certain temps avec un salaire, de manière dégressive.
L’exclusion n'est pas une catégorie à part. Elle est la partie émergée de la paupérisation chronique de la société française, en particulier des classes moyennes. C'est une question terrible pour notre pays. Il y a quelques années, avec un salaire moyen, on faisait des économies. Aujourd'hui, on n'y arrive plus.
Et au-dessous du salaire moyen, il y a 12 millions de personnes !
Il nous faut une stratégie globale de lutte contre la paupérisation. C'est une question d'équilibre pour la société française.
Les statistiques posent problème. Le logement n'est compté, dans le calcul du pouvoir d'achat, que pour 11% du budget d'un ménage. C'est une moyenne entre ceux, propriétaires de leur logement, pour qui c'est 0%, et ceux pour qui c'est 40 ou 50%. Un des raisons de la rupture entre pouvoir et citoyens est que les citoyens ne reconnaissent pas leur pays dans celui qui leur est montré à la télévision par leurs gouvernants.
Notre société doit avoir la capacité de regarder les choses en face, de ne plus accepter le mensonge officiel.
La vérité est la seule fondation sur laquelle on puisse rebâtir la maison.

29.01.2007

La dette de la France

À cet instant, la dette publique française est proche de 1200 milliard d’euros. Elle représente aujourd'hui 4 fois le budget annuel de l'état!
Et ce n’est que la face émergée de l’iceberg :
les retraites de la fonction publique et les régimes spéciaux ne sont toujours pas financés et cela représente tout de même 1000 milliard d’euros. Si maintenant on ajoute tous les transferts de l’état vers les collectivités territoriales, je vous laisse imaginer l’état réel de la dette.
Chaque année, la dette coûte environ 50 milliards d'euros: C'est l'équivalent de 20% du budget de l'état, soit 89% de l'impôt sur le revenu ou encore 140% de l'impôt sur les sociétés qui sert à payer juste les intérêts de cette dette nationale.
Si on ramène ce chiffre à la population française, à la naissance, un petit français doit donc déjà 18 000 € à différents "investisseurs"! C’est immoral et scandaleux.
En 25 ans, l’endettement de l’état, n’a cessé de croître, de 20 % en 1980, il devrait représenter en 2005 près de 65 % du PIB. Les intérêts de la dette ont progressivement représenté un poste de plus en plus important parmi les charges de l’état et handicapent nos capacités d’action et font peser sur les générations futures une charge financière importante...
Cette cavalerie budgétaire, qu’aucun banquier ne tolérerait d’un particulier ou d’une entreprise, s’est traduite par une explosion sans précédant de la dette publique. Un des moyens d’assainir la situation budgétaire serait de voter en équilibre le budget de la Nation. Le recours systématique à l’emprunt par l’état et par les collectivités territoriales ne devrait être autorisé que pour le financement des investissements, lesquels devraient eux-mêmes répondre à des objectifs de développement durable, de politiques de recherche, d’innovation d’équipements...
François Bayrou est le seul à avoir la volonté de réduire la dette. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont des programmes bien trop coûteux, de l’ordre de 70 milliard d’euros. Quand on sait que Nicolas Sarkozy a dépensé 3 millions d’euros pour son « sacre », en fait une simple formalité, je vous laisse imaginer les dépenses somptueuses qu’il pourrait faire s’il était au pouvoir.

28.01.2007

Nous devons soutenir les petites entreprises

L’essentiel de ce qui fait la santé, la vigueur, la richesse, l’emploi du pays, c’est l’entreprise. Dans notre pays où les jeunes, par souci de sécurité, déclarent rêver, à 75 %, d’entrer dans la fonction publique, c’est donc l’entreprise, et l’esprit d’entreprise, qu’il faut rétablir dans sa force et dans sa dignité.
En 15 ans, les entreprises de plus de 500 salariés ont perdu près de 300 000 emplois et les petites entreprises, celles de moins de 500 salariés, ont gagné près de 2 millions d’ emplois. C’est pour cela que nous devons soutenir activement la petite et moyenne entreprise.
Les grandes entreprises ont les moyens puissants de leurs directions des ressources humaines, de leurs services comptables, de leurs avocats en droit fiscal ou social : elles discutent avec l’administration d’égal à égal, et souvent même, l’avantage de la technicité est de leur côté.
Mais l’artisan, qui a un ou deux compagnons, dont la femme assure le quotidien de la comptabilité et des papiers, l’entreprise de dix ou quinze personnes, celle-là, dans les mêmes circonstances, s’arrache les cheveux.
Il faut donc simplifier et demander à ceux qui subissent la complexité d’y travailler paritairement.
Il faut protéger les jeunes pousses, réduire, par une politique volontaire, les délais de paiement des grandes entreprises et des distributeurs, les délais de paiement de la puissance publique à l’égard des PME.
Il faut qu’une part des marchés publics soit réservée aux petites et moyennes entreprises, par exemple, comme aux Etats-Unis, 20 % du volume total des grands marchés et la totalité des marchés inférieurs par exemple à 50 000 €.
Tout contrôle fiscal devrait être précédé d’un conseil, d’un avis, de l’exposé d’une requête au lieu de sacrifier à la culture d’inquisition.
Nous avons un problème de concentration des charges sociales sur le travail, nous devons réfléchir à d’autres solutions comme la taxe sur la consommation.

Il y a dans ce pays un continent des emplois gelés qu’on peut dégeler en permettant à chaque entreprise de créer 2 emplois sans charges. Ces deux emplois, ce ne sont pas seulement des emplois à faibles qualifications, ce sont aussi des personnes de plus de 50 ans, des ingénieurs ou des personnes à haute technicité, qu’on n’embauche pas parce qu’ils coûtent trop cher.
Maintenant parlons des 35 heures : elles ne sont pas seulement une erreur, elles sont une faute dont toute la société a payé le prix, en perte de capacité, en pouvoir d’achat, en dépenses publiques et cela sans apporter les créations d’emplois promises. Mais comme c’est souvent le cas à l’occasion d’une mesure déséquilibrée, de nombreux salariés y ont trouvé un équilibre nouveau auquel ils tiennent.
À cette question, il faut donc apporter une réponse assez simple, compréhensible, sécurisante, pour que cette décision ne soit pénalisante pour personne. D’abord, il faut faire confiance aux partenaires sociaux à l’intérieur des branches. À chaque branche sa logique, et dès l’instant que les partenaires sociaux se mettent d’accord, l’État doit leur garantir qu’on leur fait confiance. Ensuite, il faut qu’un nouveau régime des heures supplémentaires permette, dans l’entreprise, à chacun de répondre librement à ses attentes. Nous voulons faire un pas en avant, qui intéressera l’organisation du travail et le pouvoir d’achat et proposons une augmentation généralisée de la prime pour heure supplémentaire, qu’elle passe à 35 % pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, et que le coût de cette prime soit neutralisé en le défalquant des charges sociales.
Enfin il faut une stratégie de stabilité juridique, de stabilité fiscale, afin que l’entreprise puisse penser son avenir dans le long terme, en évitant tout sentiment d’insécurité.
C’est une des raisons pour lesquelles nous devons proposer aux Français une approche moins partisane, moins clanique, pour empêcher que toute alternance amène la majorité nouvelle à détruire le travail de la majorité précédente. Nous devons rendre l’adoption de la loi plus difficile, en exigeant un long temps de réflexion publique pour permettre aux partenaires sociaux et aux entreprises concernées de faire savoir leur réticence ou valoir leurs intérêts.

14.05.2006

L'environnement et les énergies

Nous sommes responsables vis-à-vis de la planète qui nous a été confiée. Cela prend un tour d'autant plus aigu que c'est symbolisé, et résumé autour d’une question qui constitue la plus grande menace, la seule menace prévisible du 21ème siècle, c’est celle du changement climatique, dont il est démontré que la responsabilité principale incombe au développement sans frein de la consommation d’énergie -et notamment d’énergie fossile- dans les activités humaines.
Nous avons vécu avec l’illusion de l’abondance qui nous a fait mener une politique aveugle et sourde aux grands fondamentaux du patrimoine planétaire. En seulement six générations, dans l'histoire de l'humanité ce n'est rien, les habitants des seuls pays développés vont avoir dilapidé, en moins d’un siècle et demi, plus de la moitié des réserves totales d’énergie fossile qui s’étaient accumulées sur notre petite planète en quelques centaines de millions d’années.
Voilà notre responsabilité.
Cette menace climatique et énergétique porte en elle-même trois grandes menaces de crash pour nos sociétés.
Premièrement, un crash climatique, avec une menace sur la vie des populations proches du niveau de la mer ; un crash économique puisque l'ensemble de nos activités humaines sera évidemment profondément bouleversé et affecté par ces changements ; et, par voie de conséquence, un crash politique.
La réponse ne peut être qu’une réponse politique. Aucune politique nationale ne peut inverser, seule, un mouvement de cette ampleur. Il y faut des instruments d’action à l’échelle de la planète. Et pour nous, France, il n’y a qu’un instrument d’action disponible, c’est l’Europe réinventée.
Il y a un grand gisement d’énergie disponible à bas prix : ce sont les économies d’énergie.
Voici quelques propositions :
1. Plan bâtiment éco : renforcement des normes pour notre construction neuve ; travaux sur la maison dans laquelle la consommation énergétique est égale à zéro (isolation, grande surface vitrée au sud, récupération de l'air et des calories, permettant d'arriver à 22° à l'intérieur avec -19° dehors) ; un plan équivalent pour l’ancien ; une production de chaleur renouvelable (solaire en particulier) pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire. Toutes les maisons individuelles de France pourraient produire elles-mêmes leur eau chaude sanitaire et leur chauffage. Les marchés publics, qui représentent 15% de notre activité économique, devraient donner l'exemple, et cela suffirait pour que les coûts de procédés nouveaux s'effondrent, parce que ce sont les séries qui font baisser les prix. L'avantage, c'est la création d'un très grand nombre d’emplois locaux : quelque 120 000 emplois par an les vingt premières années.
2. Un plan route éco. Naturellement, le type d'automobiles que nous utilisons joue un très grand rôle dans l'émission de gaz à effet de serre. Réduire la place de l’automobile, développer le ferroutage pour le fret, sont un immense enjeu, ainsi que l'allégement des véhicules. On a supprimé toute fiscalité sur la puissance ! La vignette était un moyen de la freiner, on l'a supprimée. L'encouragement à la motorisation mixte électrique/thermique est une piste à suivre. La question de la limitation de la vitesse sur les routes : 10 km/h de moins, ce serait un facteur de sécurité et d'économie très important, de l'ordre de 12%. Cette question a été abordée par deux gouvernements successifs, mais dans des circonstances qui n'étaient pas justes démocratiquement, car elles étaient seulement liées à l'augmentation du prix de l'énergie : dans le cadre de la sauvegarde de la planète, et de notre responsabilité de citoyens, je crois que les gens pourraient l'accepter. Enfin, il faut limiter la consommation des véhicules, selon la nouvelle norme européenne : 120 g de CO2/km (actuellement 180g).
3. Un plan "vie de tous les jours éco " : ça veut dire des seuils de consommations pour l'éclairage, etc., et des normes énergétiques pour tous les appareils ménagers, comme il y a des normes de sécurité. C'est une décision européenne qui ne coûterait pas, et serait une aide puissante. Ça existe déjà pour les appareils dédiés au froid, il faut que ça existe pour les appareils électroménagers, de même que pour les emballages.
4. Un effort pour un plan agriculture éco. Par exemple en programmant une diminution de 500 000 tonnes des engrais azotés de notre agriculture. Ça veut dire la définition d’un bilan azoté à l’échelle de l’exploitation, et soit un "permis de consommation" de l’azote, soit un système de bonus malus, à discuter avec la profession. Il y a dans ce sujet un enjeu formidable de réconciliation entre les paysans et la société. Au lieu de vivre le drame que le monde agricole a vécu - eux qui étaient à la fois des indépendants, libres de leur sort, et des amis et défenseurs de la nature, ils ont été en 20 ans perçus comme dépendants et comme des pollueurs - ils seront les producteurs d'énergie renouvelable (je suis un défenseur des biocarburants et de la biomasse), et leurs cultures piègeront le carbone de l'atmosphère. La production végétale est la meilleure machine pour y parvenir. Cet enjeu est psychologique, moral et économique. Nous sommes le pays d'Europe occidentale qui a les surfaces disponibles les plus grandes : ce territoire qui était en train de tomber devient une chance.
5. Augmentation des charges pour les carburants fossiles.
6. La partie solaire devrait faire l'objet d'un traitement plus poussé. Les technologies solaires sont banales, à la disposition technique de la plupart des Français.
Deux remarques.
1. Le nucléaire :
Nous avons fait de lourds investissements, nous avons maîtrisé, nous qui n’avons pas de réserves fossiles, une filière de production énergétique de haute qualité sans émission de gaz à effet de serre.
2. Les indices avec lesquels nous mesurons notre développement.
Le PIB donne la même valeur à une activité humaine qui détruit l’environnement et à une activité humaine qui le sauvegarde. Il faut que nous mesurions non pas l’activité, mais le développement humain .

13.05.2006

La crise du logement

Notre société traverse une crise profonde en matière de logement. Nous avons le paradoxe qui voit un secteur en pleine euphorie économique - avec ici ou là des spécialistes qui signalent des menaces sur cette euphorie - et parallèlement une très grande insatisfaction sociale, d’innombrables demandes de familles ou de personnes qui voudraient un autre logement que celui qu’elles ont, le sentiment que budgétairement elles n’y arrivent plus et donc qu’il leur est impossible d’acquérir ce logement supérieur ou mieux placé. Il y a donc une frustration très importante. Il y a, pour aller encore plus loin, le scandale social, national que représente le fait que peut-être cent mille personnes soient dans la rue, sans logement, sans domicile fixe, sans moyen de se fixer. Cette catégorie, on a l’impression qu’elle croît en nombre alors que pendant longtemps on pensait qu’elle décroissait. Et même vous le savez, les médias ont signalé le cas de personnes dormant dans leur voiture alors qu’elles ont un emploi et donc un salaire.
Voici quelques propositions :
1.
La France est parmi les pays européens où la réglementation et la législation en matière de logement sont les plus compliquées, il faut donc simplifier.
2. Toute personne a droit à un logement décent. On peut récupérer des locaux qui ne trouvaient pas d’usage, en les réhabilitant, en garantissant le paiement du loyer à leurs propriétaires. Il y a des ressources immenses disponibles et il s’agit de les mobiliser pour un objectif comme celui-là essentiel pour le projet d’une société dans son ensemble.
3. Une politique du logement pour l’avenir ne peut plus se contenter de la sectorisation qu’elle opère entre le privé, le public et l’associatif. Elle doit mobiliser également les trois et donc faire sauter un certain nombre de barrières. Et c’est d’autant plus nécessaire si l’on veut entrer réellement dans une logique de mixité. Parce que la situation actuelle de notre pays, la crise que nous avons connue dans les banlieues, tout cela est en réalité la conséquence de nos modes d’organisation. La spécialisation des mêmes gammes de logements s’adressant aux mêmes publics, réalisés par les mêmes acteurs, selon des règles uniformes, a produit des ghettos dont la France en Europe occidentale a la triste spécialité et dont elle risque de souffrir pendant des décennies.
4. Tous les programmes immobiliers à partir d’une certaine dimension doivent comprendre au moins 25% de leur surface en logements sociaux.
5. Pour les personnes dont la situation sociale s’est améliorée et qui occupe encore un logement social, la modulation des loyers en fonction de la situation avec un supplément de loyer de solidarité est une solution.
6. Il faut rechercher de la sécurisation pour que se retrouvent sur le marché des appartements qui n’y sont pas aujourd’hui : sécurité pour les bailleurs qui permettra de mettre plus de logements sur le marché, sécurité pour les locataires qui leur permettra d’entrer dans la jouissance de leur appartement sans avoir cette angoisse d’avoir à chercher des cautions toujours plus lourdes et toujours mieux garanties.
7. L’aide à la pierre doit être ciblée sur des besoins de logement prioritaires et durables.
8. La fiscalité locale pour le logement doit revenir à la régionalisation de la contribution des entreprises au logement. Dans les régions en expansion où le besoin de logements est plus élevé et où la ressource des entreprises l’est aussi, le taux pourrait être plus élevé, et dans les autres régions le taux pourrait baisser ce qui contribuerait autant que possible à un meilleur équilibre de l’emploi ou de l’activité économique sur le territoire.
9. Il faut faire un immense effort de recherche sur le logement et l’urbanisme. Les possibilités de réduire la facture énergétique , de bénéficier d’un progrès écologique ou de développement durable sont énormes.

11.05.2006

L'affaire Clearstream

Le dossier Clearstream illustre l’absence d’institutions de contrôle et de traçabilité dans la finance internationale. Le manque de moyens du pôle financier de Paris et l’absence de coordination au plan international ne permettent pas de lutter contre les officines de blanchiment.
Nous devons prôner un changement de nos institutions afin d’éviter les dérives qui ont eu cours dans l’affaire Clearstream. Il doit y avoir des contre-pouvoirs qui permettent de réintroduire de l’exemplarité et de l’éthique dans notre système politique. Le Général Rondot et le Premier ministre ont fait des déclarations contradictoires et il y a eu des dysfonctionnements dans l’appareil d’Etat : la lutte contre le blanchiment et contre les trafics ne relève pas uniquement du ministre des Affaires étrangères comme l’affirme Dominique de Villepin mais du Premier ministre et des ministres de l’Intérieur et de la Défense qui auraient dû avoir connaissance de l’affaire Clearstream ; de même, ce n’est pas au ministre des Affaires étrangères de faire appel aux services de renseignement. La faiblesse du pouvoir exécutif est désormais si importante que le gouvernement ne pourra que gérer les affaires courantes jusqu’aux élections.
Je ne crois pas que les hommes soient par essence vertueux, c’est pourquoi il faut mettre en place des contre-pouvoirs comme il en existe dans toutes les démocraties.Je suis favorable à un pouvoir présidentiel équilibré et contrôlé.
L'affaire Clearstream touche le plus haut sommet de l’Etat et alimente le sentiment de défiance des Français par rapport à la classe politique. Au-delà des rivalités d’hommes, c’est notre système de monarchie républicaine fondée sur une majorité unique qui est en cause. Ce qui est grave, c’est que des hommes aient utilisé les services de l’Etat à des fins personnelles alors que nous devrions avoir un Etat impartial. La lutte à mort entre le numéro un et le numéro deux du gouvernement prend des proportions incroyables. Le sommet de l’Etat se déchire sous les yeux ébahis des Français alors que notre société déjà fragile, a besoin d’apaisement. Ce sont les institutions qui sont en cause : en pratique, Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy dirigent seuls le pays. Nous avons un système de monarchie républicaine où une majorité unique qui dispose de 365 sièges à l’Assemblée nationale, a un pouvoir absolu sans contre-pouvoirs. Il est temps de changer les institutions.

27.04.2006

LA DETTE DE SAINT-DIE DES VOSGES DEBUT 2006

Voici ci-dessous un document présenté au conseil municipal de Saint-Dié des Vosges lors du conseil municipal du 24 mars 2006. Ces chiffres concernent uniquement le budget principal.

Capital remboursé Capital remboursé Désendettement
CA 2001 3 103 988 1 981 837 1 122 151
CA 2002 3 551 484 1 829 388 1 722 096
CA 2003 3 336 294 2 110 114 1 226 180
CA 2004 3 488 077 2 875 993 612 084
CA 2005 4 366 997 2 997 300 1 369 697
BP 2006 4 214 043 3 450 000 764 043
Total cumulé du Désendettement 6 816 251

Si on calcule le désendettement entre le 31-12-2001 et le 31-12-2005 avec les chiffres de Monsieur PIERRET, on obtient 4 930 057 euros. (1 722 096 + 1 226 180 + 612 084 + 1 369 697)

Voici maintenant ci-dessous les chiffres donnés par les comptes administratifs toujours pour le même budget principal.

Endettement au 31-12 Désendettement
CA 2001 45 193 436
CA 2002 43 583 646 1 609 790
CA 2003 42 569 941 1 013 705
CA 2004 43 838 307 -1 268 366
CA 2005 42 479 803 1 358 504
Total Désendettement 2 713 633

Si on calcule le désendettement entre le 31-12-2001 et le 31-12-2005 avec les chiffres du compte administratif, on obtient 2713 633 euros. L’endettement ayant progressé entre le 31-12-2003 et le 31-12-2004 de 1 268 366 euros.
Cherchez l’erreur : Monsieur PIERRET est un magicien de la finance car il arrive à transformer un désendettement de 2, 7 ME en 4,9 ME. Pourquoi persiste t’il à travestir la réalité ???
Toujours au cours de ce même conseil municipal, il nous annonce qu’il baisse pour le budget principal les charges de fonctionnement de près de 2 ME tout en omettant de préciser qu’il vient de transférer les comptes des ordures ménagères dont les charges de fonctionnement s’élève à 2,4ME sur un budget annexe.
D’ailleurs les budgets annexes prennent une part de plus en plus importante. Ainsi, si on cumule tous les budgets, on obtient le montant de la dette qui s’élève à :
50,45 ME au 31-12-2003
51.76ME au 31-12-2004
50,27 ME au 31-12-2005
La baisse observée entre le 31-12-2004 et le 31-12-2005 est à relativiser car la ville a été obligée d’emprunter début 2006 1,8 millions d’euros pour reprendre le parking de la place du marché. Ce montant apparaît dans un nouveau budget annexe. La dette début 2006 s’élève en réalité à 52 millions d’euros.

Je ne critique pas cet état de fait que nous devons assumer car j’estime qu’on ne peut pas reprocher indéfiniment les erreurs du passé mais je critique le discours trompeur de la majorité qui veut nous faire croire qu’elle maîtrise les finances de la ville et que nous sommes sur la voie du désendettement.
Vous pouvez retrouver ces tableaux mieux présentés sur mon site http://udf.88.free.fr/ dans la rubrique ville de Saint-Dié

24.04.2006

LA DEMOCRATIE FRANCAISE

La démocratie est à inventer.
En vingt ans, rien n’a changé en France si ce n’est le nombre des retraités, qui a augmenté de 20%, et la dette, de 300 %. Ce bilan est accablant. La conséquence en est l’immense frustration de l’ensemble de la société française. Et c’est ce qui fait que notre société est en voie d’explosion généralisée. Les institutions devraient servir à faire progresser dans l’esprit des citoyens la conscience de la réalité du pays, et donc à leur faire partager les choix qui sont faits en leur nom, en leur permettant d’assumer et de soutenir ces choix. Or dans notre république, la représentation du peuple n’est pas assurée. Et quand la représentation n’est pas assurée, le peuple se venge : 40% des Français votent pour l’extrême gauche ou l‘extrême droite. Aucun autre pays européen ne connaît une telle situation, alors que sur les 25, 23 sont gouvernés par une représentation proportionnelle des courants politiques. Il est urgent de refonder une autre république en s’appuyant sur les principes suivants :
Principe de responsabilité : celui qui est élu doit gouverner. Au lieu de dérober le Président derrière les rideaux de l’Elysée, d’où il ne s’exprime, comme le Sphinx, qu’à de rares moments, rituels et par des déclarations censées stupéfier, il faut le plonger dans la réalité française, dans la réalité du pays qui l’a élu. Le président de la République détermine et conduit la politique de la nation. Le gouvernement la met en œuvre. En face d’un exécutif responsable, il faut un Parlement représentatif du peuple des citoyens. Et il faut que le Président, symboliquement, puisse s’adresser au Parlement.
Aujourd’hui, le Parlement est tenu pour une chambre d’enregistrement de la volonté du gouvernement, à qui l’on interdit de s’exprimer sur des sujets essentiels de notre avenir national. Le Parlement qui représente les Français est mineur et sous tutelle. Et l’esprit de parti est tel qu’il applaudit lui-même à cette situation.
Réduit au silence, interdit d’exercer le mandat du peuple, découragés au fond d’eux-mêmes, les parlementaires tirent la conséquence logique de cette situation de mineurs en étant absents des débats et les ministres lisent des discours qu’ils n’ont pas écrit face à des rangées de fauteuils vides ! C’est tout cela qu’il faut changer.
Il faut le changer par la constitution, en donnant au Parlement la maîtrise de son ordre du jour, et donc en l’obligeant à sortir de la situation de mineur qui est la sienne et à passer à une situation de majeur.
Il faut le changer par la loi, en s’engageant résolument dans la représentation équitable des citoyens français.
Principe de représentativité : tous les citoyens français ont un droit égal à se voir représenter au Parlement. Aujourd’hui, si l’on rapporte le résultat des élections législatives de juin 2002 au résultat du premier tour de l’élection présidentielle d’avril 2002, 19 % d’entre eux sont représentés par 63 % des sièges, tandis que 50 % de ceux qui sont allés voter ne sont représentés par personne. Tous les courants d’opinion principaux, au-dessus de 5 % des voix, doivent être représentés par des élus à l’Assemblée nationale. Et si l’on veut que cette Assemblée assume la tâche qui doit être la sienne et retrouve la responsabilité qu’elle n’aurait jamais dû perdre, il faut aussi que nous tranchions une question lancinante. Nous ne pouvons plus continuer avec des parlementaires absents ! Nous ne pouvons plus continuer à délibérer avec un ou deux pour cent de la représentation nationale.
La République nouvelle doit adopter le principe du mandat unique pour les députés de la nation. Et il y a une assemblée de notre parlement qui doit comprendre des élus locaux, de grands responsables d’exécutif, c’est le Sénat. La République a besoin que la voix de ses collectivités locales soit représentée dans la délibération des lois et participe au contrôle du gouvernement.
En situation délicate, il faut élaborer la loi en prenant le temps de convaincre. Mais des crises peuvent survenir dans un pays aussi bouillant que le nôtre et pour en sortir, le plus naturel, c’est le référendum. Et il y a l’arme ultime : la dissolution à condition que son exercice soit confié au Conseil Constitutionnel, sur proposition du Président de la République.
Les corps de contrôle, les autorités indépendantes doivent retrouver le principe d’impartialité de l’Etat. Elles doivent pouvoir être saisies par les citoyens. Elles sont aujourd’hui le lieu des nominations de préférence amicale ou partisane. Elles sont donc amenées à prendre la coloration du parti dominant. Il faut garantir, au contraire, leur indépendance et leur impartialité. Et pour cela, il suffit, de faire de ces grandes nominations l’objet d’un vote de confirmation ou d’investiture du Parlement, à une majorité qualifiée, après audition du candidat proposé. Ce mécanisme est celui qui fonctionne aux Etats-Unis. Il oblige à réfléchir à la compétence, au caractère indiscutable de la personnalité proposée et de son parcours. Il met le candidat à l’abri des préférences partisanes.
Et il faut que toutes ces grandes instances, chargées de protéger le pouvoir contre lui-même, la loi et le citoyen contre les abus de position dominante, puissent être saisies par le citoyen lui-même.
Il est temps d’ouvrir une époque nouvelle. La France a trop souffert de l’absence de démocratie dans sa République. Cette absence de démocratie l’a conduite, non pas comme le croyaient ses fondateurs, à plus d’efficacité de l’État, mais à moins d’efficacité, non pas à plus de courage, mais à moins de courage. Le pouvoir concentré concentre les défauts et les vices du pouvoir. Il faut une République nouvelle.