17.09.2006

Quel avenir pour l'emploi en Déodatie ?

Humainement inacceptable
Cinram, Faurecia, Gantois, Filature de Cheniménil, Aries Mecaplast, Papeteries des Chatelles,...Les coups durs pleuvent sur la Déodatie, tous les secteurs sont touchés : textile, métallurgie, automobile, plasturgie, bois....Si on ne réagit pas, notre région risque de devenir complètement sinistrée. Nous crions haro sur les délocalisations de nos usines sans voir aussi que nous bénéficions, mais pas suffisamment, des délocalisations des autres qui s’installent chez nous. On ne peut pas aller contre le sens de l’histoire et la nécessité économique de profit des entreprises. L’attitude défensive ne fait que retarder les échéances et rendre plus difficiles les évolutions. Pour autant, il ne faut pas perdre de vue que certaines restructurations et délocalisations, pour utiles qu’elles soient, sont, en même temps, humainement inacceptables. Les déménagements nocturnes d’entreprises auxquels on a pu assister sont parfaitement scandaleux. Et, sans aller jusque là, toute mesure de réorganisation qui laisse un salarié sur le carreau, du jour au lendemain, n’est pas non plus admissible.
Il est indispensable d' accompagner les évolutions
Il est de la responsabilité des chefs d’entreprise de faire en sorte que restructurations et délocalisations, qui sont souvent un moyen de sauver l’entreprise, puissent se transformer aussi en opportunité pour les salariés. Cela demande d’abord de savoir anticiper et préparer les changements. Cela passe ensuite par la capacité à développer l’employabilité des salariés et donc de leur proposer régulièrement des formations qui vont leur permettre d' évoluer. Ils seront tous, de plus en plus, amenés à changer de métier et d’activité. Le rôle des chefs d'entreprises est de les accompagner le mieux possible dans la construction de ce parcours professionnel. Je suggère aussi la création d'un fonds d'aide à la création d'emplois nouveaux qui serait abondé par les entreprises qui délocalisent alors qu'elles réalisent des profits considérables.
Il faut être clair sur les raisons pour lesquelles on délocalise. Est-ce seulement pour exploiter une main-d’œuvre à bas coût et corvéable à merci et augmenter les profits ? Ou est-ce pour tirer par le haut les pays où l’on s’installe en améliorant le niveau de salaire et la protection sociale des salariés embauchés , en créant ainsi une demande solvable et de nouveaux marchés ? Toujours est-il que les salariés doivent être informés des perpectives à court, moyen et long terme et participer aux choix stratégiques de leur entreprise.
Entreprendre pour l'avenir
Enfin, il faut être conscient que la baisse du coût de la main-d’œuvre, demandée par certains patrons, est un leurre. En ce domaine, et vues les inégalités dans le monde, on trouvera toujours des pays moins-disants. Va-t-on proposer à nos employés de travailler pour 100 euros par mois, sans sécurité sociale ? Notre avenir ne repose pas sur la nostalgie du passé mais sur notre capacité à innover et à développer nos exportations. Ayons aussi la volonté d’inventer et de développer les métiers de demain : métier de proximité, de service à la personne, métier de matière grise, de créativité, d' innovation dans les secteurs de pointe. C’est le seul moyen de redonner à notre société le dynamisme économique et social qu'elle semble avoir un peu perdu.