19.04.2007

Les priorités défendues par Bayrou

Liberté_de_l_Est_du_19_avril_2007.odt

21.03.2007

François Bayrou plaît aux entrepreneurs

Nous avons 3 millions de chefs d’entreprise en France, dont 92 % à la tête de PME. Malgré un discours politique qui vante leur mérite et leur capacité à créer des emplois, leurs besoins restent négligés, en particulier pour le million et demi d’entrepreneurs individuels qui se débattent sans soutien.
Par la voix du programme législatif de l’UDF, cet électorat straté­gique vient de trouver un écho. Le parti centriste propose aux entreprises unipersonnelles de créer leurs deux premiers emplois avec des charges réduites à 10 %. Dans la pratique, les deux premiers postes correspondent à un assistant et à un commercial, qui vont permettre à l’entreprise de se développer. Les charges représentent l’obstacle majeur pour un entre­preneur individuel qui souhaite recruter : elles doublent le coût d’une embauche. En mettant l’accent sur l’aide aux entreprises unipersonnelles, un sou­tien serait apporté aux sociétés les plus vulnérables et les plus nombreuses, véritable creuset de croissance. En outre, les entrepreneurs individuels ne délocalisent pas. Il s’agit donc d’une prime à la sédentarité qui développe l’attractivité locale. Plus que du patriotisme économique, un tel arbitrage relève donc du bon sens.
Enfin, cette mesure favoriserait la création d’emplois. Si 10 % des entrepreneurs individuels embauchaient, d’ici à trois ans, deux personnes, cela représenterait 300 000 emplois nouveaux. Le jeu en vaut la chandelle car tout n’a pas été tenté pour relancer l’embauche.
François Bayrou s'avance sur un terrain libéral où les acteurs économiques ne l'attendaient pas. Ou plutôt, dans un domaine où ils en attendaient un autre ! Et pourtant... Laurence Parisot n'affirmait-elle pas, page 21 de son ouvrage, que « le libéralisme n'est ni de gauche ni de droite » ? Le Medef en a rêvé, le candidat UDF va donc le faire. Les patrons réclament la baisse de la dépense publique ? François Bayrou affiche un programme à 21 milliards d'euros - quand celui de Nicolas Sarkozy est chiffré à 54 milliards -, il suggère de fusionner les départements et les régions et place la réduction de la dette publique au coeur de son projet, dans le droit-fil du rapport de Michel Pébereau, président de BNP Paribas et membre de la direction du Medef. Les patrons pensent que « c'est par son retrait que l'Etat favoriserait le mieux l'épanouissement de la société civile » ? François Bayrou invite à élargir la mission du Conseil économique et social et, comme Laurence Parisot le dit depuis plus d'un an, à reconnaître dans la Constitution la primauté des partenaires sociaux sur l'Etat pour toute réforme du droit du travail. Ceux-là s'alarment du silence des écuries présidentielles sur les retraites ? Celui-ci en fait « une obligation nationale ». Ceux-là rêvent d'un sursaut en matière de recherche ? Celui-ci promet d'y orienter « toute l'action publique ». Le Medef préconise un meilleur accès des PME aux marchés publics, François Bayrou aussi. Il défend l'idée que les cotisations famille et santé reposent, non plus sur les salaires, mais sur la solidarité nationale, François Bayrou aussi. Il réitère sa foi en l'Europe, en la vertu de l'euro et en la pertinence de la stratégie de Lisbonne en faveur de l'économie de la connaissance, François Bayrou aussi. Bref, les exemples sont innombrables, en matière fiscale, sociale, environnementale.
Tout cela serait anodin si la seule figure patronale qui ait osé choisir publiquement son camp - Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit Lyonnais - ne s'était prononcée... pour le candidat UDF. Le malaise serait impalpable s'il n'y avait eu affluence, la semaine dernière, aux rencontres organisées par le mouvement Ethic et par la CGPME avec un François Bayrou aux anges. « Vous nous avez séduits parce que vous êtes raisonnable par rapport au monde de l'entreprise », lui a lancé Sophie de Menthon. « Vous avez récupéré quelques suffrages », lui a concédé Jean-François Roubaud.