23.01.2009

Sombres perspectives économiques pour 2009

En tête des risques qui pèsent sur l'année en cours, il y a l'accroissement des déficits publics dans de nombreux pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Italie, l'Espagne et l'Australie. Une situation qui ne pourra que s'aggraver, avec les dépenses gouvernementales en forte hausse pour soutenir les institutions financières et tenter de relancer l'économie. On ne traite pas les causes mais on sème de nouveaux problèmes dont l'impact se fera durement sentir plus tard.
Couplée à ces faiblesses, la crise mondiale pourrait être aggravée par un atterrissage douloureux de l'économie chinoise, avec un ralentissement plus fort que prévu et une croissance de 6 %, au lieu des 8 % officiels. Les menaces environnementales, toujours importantes, risquent d'être sous-estimées cette année à cause de la récession.
Le manque de coordination entre pays est l'une des causes aggravantes de la crise financière. Nous avons un besoin urgent d’une gouvernance mondiale.

26.10.2008

Crise financière : la France en grande difficulté

La crise financière planétaire est due en partie à l’avidité de quelques financiers dévoyés, elle résulte aussi d’une régulation inappropriée du système financier. Il est temps que le système monétaire retrouve sa vocation première : faciliter les échanges de biens et de services ; et que le crédit redevienne le moyen de financer les investissements des entreprises, la consommation et le logement des ménages solvables, bref le moyen d’anticiper sur la création de richesses véritables et non sur les hypothétiques plus-values d’actifs artificiels. Les Etats doivent inciter à une plus grande moralité financière et à plus de prudence : il est malsain de croire que l’on peut s’enrichir sans créer de la richesse.


Mais cette crise prend une dimension particulière en France. Car elle s’ajoute à celle, endémique, de nos finances publiques. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 1980, le montant de la dette de la France était de 91 milliards d’euros. En 2007, il atteint 1 210 milliards, et la progression depuis 1995 est quasiment linéaire : 47 milliards de plus par an.

L’Espagne, l’Allemagne et d’autres pays européens sont parvenus à l’équilibre budgétaire ou s’en approchent. Pendant que la France restait collée dans une zone de déficit comprise entre 2,5 et 3 % du PIB, c’est-à-dire à la frontière des critères de Maastricht, nos partenaires, dans les périodes de croissance plus soutenue, ont fait les efforts nécessaires pour assainir leurs finances et revenir à l’équilibre.
En s’autorisant un déficit budgétaire qui ne cesse d’accroître son endettement, la France s’est mise dans une situation qui, sous l’effet de la crise, pourrait, plus rapidement que prévu se retourner contre elle, au nom des principes de rigueur qu’elle a ratifiés, traité après traité.
La croissance n’est pas au rendez-vous, on prévoyait plus de 2% pour 2008, elle sera au maximum de 1%. Dans ces conditions, tout laisse à penser que notre déficit budgétaire va s’envoler bien delà des 3% autorisés et que la menace de la mise sous tutelle de l’Etat français par l’Europe pourrait se préciser.
Il est donc plus qu’urgent de se retrousser les manches pour poursuivre les réformes nécessaires et atteindre une meilleure maîtrise des dépenses publiques, pour préparer les conditions d’un retour économique. Nous devons avoir cette volonté politique.