01.04.2007

Ecole: il est indispensable de maîtriser le socle commun de connaissances

L'établissement d'un socle commun des savoirs indispensables est nécessaire pour accomplir avec succès sa scolarité, poursuivre sa formation, construire son avenir personnel et professionnel et réussir sa vie en société.

Maîtriser le socle commun c'est être capable de mobiliser ses acquis dans des tâches et des situations complexes, à l'école puis dans sa vie ; c'est posséder un outil indispensable pour continuer à se former tout au long de la vie afin de prendre part aux évolutions de la société ; c'est être en mesure de comprendre les grands défis de l'humanité, la diversité des cultures et l'universalité des droits de l'homme, la nécessité du développement et les exigences de la protection de la planète.

Le socle commun s'organise en sept compétences. Cinq d'entre elles font l'objet des actuels programmes d'enseignement : la maîtrise de la langue française, la pratique d'une langue vivante étrangère, les compétences de base en mathématiques et la culture scientifique et technologique, la maîtrise des techniques usuelles de l'information et de la communication, la culture humaniste. Deux autres domaines ne font pas encore l'objet d'une attention suffisante au sein de l'institution scolaire : il s'agit, d'une part, des compétences sociales et civiques et, d'autre part, de l'autonomie et de l'initiative des élèves.

1. La maîtrise de la langue française

Savoir lire, écrire et parler le français conditionne l'accès à tous les domaines du savoir et l'acquisition de toutes les compétences. La langue française est l'outil premier de l'égalité des chances, de la liberté du citoyen et de la civilité : elle permet de communiquer à l'oral comme à l'écrit, dans diverses situations ; elle permet de comprendre et d'exprimer ses droits et ses devoirs.

2. La pratique d'une langue vivante étrangère

L'apprentissage d'une langue étrangère développe la sensibilité aux différences et à la diversité culturelle.

3. Les principaux éléments de mathématiques et la culture scientifique et technologique

L'étude des mathématiques permet aux élèves d'appréhender l'existence de lois logiques et développe :
- la rigueur et la précision ;
- le respect de la vérité rationnellement établie ;
- le goût du raisonnement fondé sur des arguments dont la validité est à prouver.

L'appréhension rationnelle des choses développe les attitudes suivantes :
- le sens de l'observation ;
- la curiosité pour la découverte des causes des phénomènes naturels, l'imagination raisonnée, l'ouverture d'esprit ;
- l'esprit critique : distinction entre le prouvé, le probable ou l'incertain, la prédiction et la prévision, situation d'un résultat ou d'une information dans son contexte ;
- l'intérêt pour les progrès scientifiques et techniques ;
- la conscience des implications éthiques de ces changements ;
- l'observation des règles élémentaires de sécurité dans les domaines de la biologie, de la chimie et dans l'usage de l'électricité ;
- la responsabilité face à l'environnement, au monde vivant, à la santé.

4. La maîtrise des techniques usuelles de l'information et de la communication

Le développement du goût pour la recherche et les échanges d'informations à des fins éducatives, culturelles, sociales, professionnelles doit s'accompagner d'une attitude responsable :
- une attitude critique et réfléchie vis-à-vis de l'information disponible ;
- une attitude de responsabilité dans l'utilisation des outils interactifs.

5. La culture humaniste

La culture humaniste permet aux élèves d'acquérir tout à la fois le sens de la continuité et de la rupture, de l'identité et de l'altérité. En sachant d'où viennent la France et l'Europe et en sachant les situer dans le monde d'aujourd'hui, les élèves se projetteront plus lucidement dans l'avenir. La culture humaniste contribue à la formation du jugement, du goût et de la sensibilité. Elle développe la conscience que les expériences humaines ont quelque chose d'universel.


6. Les compétences sociales et civiques

Il s'agit de mettre en place un véritable parcours civique de l'élève, constitué de valeurs, de savoirs, de pratiques et de comportements dont le but est de favoriser une participation efficace et constructive à la vie sociale et professionnelle, d'exercer sa liberté en pleine conscience des droits d'autrui, de refuser la violence.
Il s'agit aussi de développer le sentiment d'appartenance à son pays, à l'Union européenne, dans le respect dû à la diversité des choix de chacun et de ses options personnelles. L'objectif est de favoriser la compréhension des institutions d'une démocratie vivante par l'acquisition des principes et des principales règles qui fondent la République. Il est aussi de permettre aux élèves de devenir des acteurs responsables de notre démocratie. Au terme de son parcours civique scolaire, l'élève doit avoir conscience de la valeur de la loi et de la valeur de l'engagement.

7. L'autonomie et l'initiative


L'autonomie de la personne humaine est le complément indispensable des droits de l'homme : le socle commun établit la possibilité d'échanger, d'agir et de choisir en connaissance de cause, en développant la capacité de juger par soi-même. L'autonomie est aussi une condition de la réussite scolaire, d'une bonne orientation et de l'adaptation aux évolutions de sa vie personnelle, professionnelle et sociale. La motivation, la confiance en soi, le désir de réussir et de progresser sont des attitudes fondamentales.
L'esprit d'initiative doit être encouragé. Il faut que l'élève se montre capable de concevoir, de mettre en oeuvre et de réaliser des projets individuels ou collectifs dans les domaines artistiques, sportifs, patrimoniaux ou socio-économiques. Quelle qu'en soit la nature, le projet - toujours validé par l'établissement scolaire - valorise l'implication de l'élève. L'envie de prendre des initiatives, d'anticiper, d'être indépendant et inventif dans la vie privée, dans la vie publique et plus tard au travail, constitue une attitude essentielle.

Le principe même du socle repose sur un impératif de qualité. S'agissant d'une culture commune pour tous les élèves, il traduit tout autant une ambition pour les plus fragiles qu'une exigence pour ceux qui réussissent bien. Les graves manques pour les uns et les lacunes pour les autres à la sortie de l'école obligatoire constituent des freins à une pleine réussite et à l'exercice d'une citoyenneté libre et responsable. Chacun des domaines constitutifs du socle commun contribue à l'insertion professionnelle, sociale et civique des élèves, pour sa maîtrise à l'issue de la scolarité obligatoire, il ne peut donc y avoir de compensation entre les compétences requises qui composent un tout, à la manière des qualités de l'homme ou des droits et des devoirs du citoyen.

31.01.2007

Nous devons combattre l'exclusion

La santé économique de la société et l'exclusion sont étroitement liées. Le sujet de l'exclusion n'est pas annexe, compassionnel, c’est une réalité de notre société. Ce ne doit pas être seulement l'affaire des associations, mais l'affaire du pays tout entier, l'affaire du Président de la République, porteur et inspirateur de la volonté nationale.
Environ 100 000 SDF sont visibles. Et puis il y a le continent immergé de l'exclusion dans notre propre pays : 4 ou 5 millions de nos compatriotes, dont un million d'enfants. Certains ont perdu tout lien avec leurs voisins, avec l'estime publique, avec le travail ; certains sont atteints par l'exclusion depuis des décennies. On a parfois plusieurs générations en train de reproduire l'absence de normes - ou des normes à part : c'est l'exclusion grave, qui apparaît dans bien des cas comme irrémédiable.
La gravité de la menace, que la persistance de l'exclusion fait peser sur notre pays, exige une volonté politique. La solidité d'une chaîne se mesure à la solidité de son maillon le plus faible : c'est la même chose pour la solidité d'une société.
Cette stratégie globale doit comporter sa part de prévention, mais elle doit commencer par l'urgence.
Un pays comme le nôtre doit se fixer comme impératif, comme objectif vérifiable, d'offrir une solution à chaque SDF en cinq ans - le temps d'une législature. C'est un objectif ambitieux mais possible.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, lorsqu’il était Président du Conseil général, François Bayrou a initié un programme de logements ultra-sociaux pour personnes en situation d'urgence. En 5 ans, 1000 logements ont été récupérés, réhabilités, et le loyer était garanti. Comme on avait en même temps réglé les questions de droits sociaux, il n'y a eu aucun impayé. La garantie n'a pas eu à jouer. Elle était là pour rassurer le propriétaire. Tout cela a été l'œuvre d'une équipe de deux personnes.
Offrir de vraies solutions au lieu des mots, il faut commencer par là. L‘UDF propose que tout programme immobilier comprenne au moins 25% de sa surface en logements sociaux car nous croyons à la mixité : toute politique qui accepte les ghettos nous conduit au type d'impasse dans laquelle nous sommes.
Le travail permet de rendre l'estime de soi, la reconnaissance dans le regard de l'autre, la certitude d'une utilité, à ceux qui sont dans l'exclusion. L'activité universelle, c'est offrir à chacun de ceux qui sont bannis sa place dans la société que nous formons ensemble, par la reconnaissance des richesses qu'il porte en lui. Les RMIstes savent faire plein de choses, ils ont des compétences, des capacités, de la générosité, qui se sont peu à peu effacées, mais qui sont intactes au dessous de cet oubli.
Il y a mille aides, activités, secours, qu'une société comme la nôtre ne « remplit » pas. C'est pitié de le voir. Que la société française se fixe comme devoir de donner une utilité sociale à tous ceux qui peuvent assurer cette activité, est une idée de révolution civique.
Cette activité permettra aussi aux titulaires de minima sociaux d'arrondir leurs fins de mois : les collectivités locales et associations auront les moyens de leur apporter une contrepartie, cumulable un certain temps avec le RMI.
L'activité universelle s'exercera en dehors du secteur concurrentiel. Mais il faut aussi favoriser la reprise d'emploi des chômeurs de longue durée. C'est pourquoi l’UDF propose que chaque entreprise puisse créer deux emplois sans charges, pour que se dégèle le continent des emplois gelés.
Il faut s'attaquer à la jungle, au maquis des aides et contrats de toute nature, comme au labyrinthe des autorités qui gèrent ces contrats. A l’UDF, nous sommes pour un contrat d'insertion unique. Enfin, Diplômé ou non, on ne devrait pas pouvoir quitter un cycle d'études sans avoir été formé à ce que sont l'emploi, l'entreprise, le parcours à suivre jusqu'à l'embauche. On n'imagine pas à quel point ce parcours, c'est du chinois pour les jeunes !
S'il y a un lieu où déjà l'exclusion se manifeste, c'est évidemment l'école.
Nous sommes très déçu des affirmations politiques de ceux qui, à droite et à gauche, considèrent que la solution est l'abandon de la carte scolaire. La carte scolaire a ses faiblesses ; mais derrière l'idée de l'abandonner, on peut comprendre que ceux qui le voudront pourront aller ailleurs, tandis que ceux qui ne sauront pas qu'il faut aller ailleurs resteront dans les établissements déclassés. Un certain nombre d'établissements se retrouveraient en situation de ghettos, ce n'est pas acceptable. Les élèves fauteurs de troubles - qui sont bien souvent eux-mêmes des victimes d'autre chose, car c'est par perte d'estime de soi qu'ils deviennent des caïds de cours de récréation - on doit les extraire de l'établissement qu'ils déstabilisent, et leur offrir une scolarité adaptée. Une scolarité adaptée, c'est-à-dire avec des enseignants et aussi des éducateurs. Car ce n'est pas une solution de faire tourner ces élèves d'un collège A à un collège B pour revenir après au collège A, en attendant l'âge où l'on pourrait "s'en débarrasser sans regrets et sans remords" …
Deuxième chose, toujours pour prévenir l'exclusion : que, dans ces établissements fragiles, on réintroduise de l'excellence. Que dans ces établissements, on ait des classes de niveau supérieur, des classes qui permettent d'atteindre des résultats enviés.
Le calme républicain, l'excellence républicaine, voilà ce qui fera de ces écoles, non plus des ghettos, mais des lieux où l'exclusion sera efficacement combattue.
Je voudrais souligner un point : dans un grand nombre de cas, il est décourageant de sortir du minimum social pour entrer au travail, vous y perdez beaucoup, singulièrement si vous êtes une jeune femme seule qui élève un ou plusieurs enfants. Vous y perdez un certain nombre d'aides complémentaires qui sont attachées à ces minima sociaux. Et vous devez faire face à la garde des enfants, au transport… C'est une "trappe" dont il faut sortir.
L’UDF propose l'unification des minima sociaux en une allocation unique, par points (par exemple, être en situation de femme seule avec enfants donnerait tant de points), conciliable un certain temps avec un salaire, de manière dégressive.
L’exclusion n'est pas une catégorie à part. Elle est la partie émergée de la paupérisation chronique de la société française, en particulier des classes moyennes. C'est une question terrible pour notre pays. Il y a quelques années, avec un salaire moyen, on faisait des économies. Aujourd'hui, on n'y arrive plus.
Et au-dessous du salaire moyen, il y a 12 millions de personnes !
Il nous faut une stratégie globale de lutte contre la paupérisation. C'est une question d'équilibre pour la société française.
Les statistiques posent problème. Le logement n'est compté, dans le calcul du pouvoir d'achat, que pour 11% du budget d'un ménage. C'est une moyenne entre ceux, propriétaires de leur logement, pour qui c'est 0%, et ceux pour qui c'est 40 ou 50%. Un des raisons de la rupture entre pouvoir et citoyens est que les citoyens ne reconnaissent pas leur pays dans celui qui leur est montré à la télévision par leurs gouvernants.
Notre société doit avoir la capacité de regarder les choses en face, de ne plus accepter le mensonge officiel.
La vérité est la seule fondation sur laquelle on puisse rebâtir la maison.

13.05.2006

La crise du logement

Notre société traverse une crise profonde en matière de logement. Nous avons le paradoxe qui voit un secteur en pleine euphorie économique - avec ici ou là des spécialistes qui signalent des menaces sur cette euphorie - et parallèlement une très grande insatisfaction sociale, d’innombrables demandes de familles ou de personnes qui voudraient un autre logement que celui qu’elles ont, le sentiment que budgétairement elles n’y arrivent plus et donc qu’il leur est impossible d’acquérir ce logement supérieur ou mieux placé. Il y a donc une frustration très importante. Il y a, pour aller encore plus loin, le scandale social, national que représente le fait que peut-être cent mille personnes soient dans la rue, sans logement, sans domicile fixe, sans moyen de se fixer. Cette catégorie, on a l’impression qu’elle croît en nombre alors que pendant longtemps on pensait qu’elle décroissait. Et même vous le savez, les médias ont signalé le cas de personnes dormant dans leur voiture alors qu’elles ont un emploi et donc un salaire.
Voici quelques propositions :
1.
La France est parmi les pays européens où la réglementation et la législation en matière de logement sont les plus compliquées, il faut donc simplifier.
2. Toute personne a droit à un logement décent. On peut récupérer des locaux qui ne trouvaient pas d’usage, en les réhabilitant, en garantissant le paiement du loyer à leurs propriétaires. Il y a des ressources immenses disponibles et il s’agit de les mobiliser pour un objectif comme celui-là essentiel pour le projet d’une société dans son ensemble.
3. Une politique du logement pour l’avenir ne peut plus se contenter de la sectorisation qu’elle opère entre le privé, le public et l’associatif. Elle doit mobiliser également les trois et donc faire sauter un certain nombre de barrières. Et c’est d’autant plus nécessaire si l’on veut entrer réellement dans une logique de mixité. Parce que la situation actuelle de notre pays, la crise que nous avons connue dans les banlieues, tout cela est en réalité la conséquence de nos modes d’organisation. La spécialisation des mêmes gammes de logements s’adressant aux mêmes publics, réalisés par les mêmes acteurs, selon des règles uniformes, a produit des ghettos dont la France en Europe occidentale a la triste spécialité et dont elle risque de souffrir pendant des décennies.
4. Tous les programmes immobiliers à partir d’une certaine dimension doivent comprendre au moins 25% de leur surface en logements sociaux.
5. Pour les personnes dont la situation sociale s’est améliorée et qui occupe encore un logement social, la modulation des loyers en fonction de la situation avec un supplément de loyer de solidarité est une solution.
6. Il faut rechercher de la sécurisation pour que se retrouvent sur le marché des appartements qui n’y sont pas aujourd’hui : sécurité pour les bailleurs qui permettra de mettre plus de logements sur le marché, sécurité pour les locataires qui leur permettra d’entrer dans la jouissance de leur appartement sans avoir cette angoisse d’avoir à chercher des cautions toujours plus lourdes et toujours mieux garanties.
7. L’aide à la pierre doit être ciblée sur des besoins de logement prioritaires et durables.
8. La fiscalité locale pour le logement doit revenir à la régionalisation de la contribution des entreprises au logement. Dans les régions en expansion où le besoin de logements est plus élevé et où la ressource des entreprises l’est aussi, le taux pourrait être plus élevé, et dans les autres régions le taux pourrait baisser ce qui contribuerait autant que possible à un meilleur équilibre de l’emploi ou de l’activité économique sur le territoire.
9. Il faut faire un immense effort de recherche sur le logement et l’urbanisme. Les possibilités de réduire la facture énergétique , de bénéficier d’un progrès écologique ou de développement durable sont énormes.

12.05.2006

Immigration

L'immigration est un sujet brûlant, dans notre société en voie de déstabilisation, où se multiplient les fractures. L’immigration exacerbe ces fractures et les révèle. La responsabilité des hommes d’État est donc de maîtriser l’immigration, quantitativement et dans son rythme, pour éviter que se développe le racisme. La cause principale de l’immigration, aujourd'hui comme il y a des siècles, c’est la misère.
Le concept d’immigration choisie est un leurre: dans la réalité, l’immigration choisie s’ajoute à l’immigration subie et ne la remplace pas. La France reçoit tous les ans en matière d'immigration clandestine, 70 000 personnes disent les uns, 170 000 disent les autres, vous mesurez l'écart entre les chiffres. Environ 100 000 personnes sont sous le coup d’arrêtés de reconduite à la frontière. Moins de 20 000 de ces arrêtés sont exécutés, et parmi les condamnés à des peines criminelles, qui ont subi une condamnation complémentaire d'interdiction du territoire, il n'y en a pas le tiers qui sont reconduits à la frontière !
L’immigration « choisie » et le chômage en France : le Ministère de l’Emploi l’a très bien dit et chiffré, ce sont les emplois manuels et non qualifiés qui font défaut. Dans un pays qui a 4 millions de chômeurs, et beaucoup de chômeurs jeunes, où le chômage n'arrive pas à baisser, je ne comprends pas que la réponse à ce problème de l'emploi soit d'aller chercher l’immigration à l'extérieur pour le marché du travail français. On dit aussi qu’il manque des personnes extrêmement qualifiées. Pourtant, nous avons des dizaines de milliers d'informaticiens au chômage profondément atteints par les changements d'entreprises, peut-être par les délocalisations. Il y a un immense effort national à conduire : réhabiliter les emplois manuels et de service; faire qu'il n'y ait plus de travaux, en particulier manuels, et que l’on paie convenablement; former en temps réel; inciter à la reprise du travail; développer le concept d'activité universelle.
Faire appel à l'immigration pour "payer nos retraites" ?
La France et l’Europe tout entière doivent se poser la question de leur ressource démographique. Compter sur l’immigration pour l’équilibre démographique, c’est programmer des déséquilibres auxquels nous aurons bien du mal à faire face.
La question des cerveaux : La loi du monde de l’intelligence, ce doit être l’échange. On déplore constamment la fuite des cerveaux ! La circulation des étudiants, des chercheurs, des enseignants, ce doit être la réalité à condition que les échanges se fassent dans les deux sens.
La politique d’immigration doit être une politique européenne : Après les régularisations massives des uns (700 000 en Espagne, 800 000 en Italie), ces personnes franchiront les frontières, ayant une situation régulière dans l'espace Schengen. Il faut une politique commune de circulation, de visas, et d'accompagnement des immigrés qui viennent.
Il faut une politique nationale d'immigration: elle doit notamment maîtriser l'immigration clandestine, par la lutte contre les filières et les trafics d’êtres humains et par la lutte contre le travail clandestin. Les contrôles peuvent devenir plus efficaces grâce aux documents infalsifiables, notamment biométriques. De deux choses l’une : ou bien l’immigré n’est pas admis, et dans ce cas-là, il doit être reconduit, et le plus vite possible avant que ne se créent des liens familiaux, c'est un risque de la situation dans laquelle nous sommes. S'il est admis, il faut l'aider, et peut-être l'inciter, et peut-être même l'obliger à s'intégrer à la société française.
Un contrat d’intégration c'est bien, il y a encore mieux : un programme d’intégration. Il doit porter sur deux aspects : la langue française, et les valeurs de société qui sont les nôtres.
Je ne suis pas pour bloquer la régularisation. Je suis au contraire pour qu'on puisse régulariser, sur des critères clairs, des règles claires, au terme d’une certaine durée (par exemple cinq ans), s'il y a un contrat de travail, que l'on parle français, que l'on maîtrise notre mode de vie et nos valeurs et nos droits élémentaires (par exemple ce qui touche le droit des femmes). Il est normal et légitime qu'une personne dans ce cas soit régularisée ; ce n'est pas une politique généreuse, c'est une politique d'équilibre.
Ainsi on a les deux volets : maîtrise de l'immigration clandestine, ouverture à ceux qui veulent s'intégrer. Ça demande un gros effort de la puissance publique. Nous gagnerions beaucoup à faire de la langue l'instrument clé de l'intégration à la société française.
Une politique de développement et de co-développement avec les pays d’origine :
Si les mesures réglementaires ou policières peuvent freiner des flux d’immigrants, ce qui peut les dissuader, c'est que les pays d'origine donnent aux habitants la chance de réussir dans leur propre pays. Dans les relations entre États, il y a des intérêts différents et des intérêts communs. Nos intérêts communs avec les pays pauvres sont considérables : sauvegarde de la diversité culturelle et notamment de la francophonie, sauvegarde de la planète, pacification du monde, les problèmes de santé, et tout simplement le respect des droits de l’homme. Il est important de permettre que les élites puissent faire l’aller-retour entre pays d'origine et pays où elles ont été formées de façon à faire en sorte que des pays européens puissent organiser la carrière de médecins, d'ingénieurs, de techniciens notamment agricoles, une carrière en partie dans les pays européens, en partie dans les pays d'origine. Ce serait une coopération beaucoup plus intéressante que celle qui passe simplement par des subventions.