09.06.2006

L'avenir de notre agriculture

La politique agricole française suivie ces quinze dernières années n’a pas répondu à ses engagements: le revenu d’un agriculteur est inférieur de 25 % au salaire moyen d’un travailleur salarié, l’endettement moyen par exploitation s’élève désormais à plus de 100 000 €, le revenu agricole réel est surtout constitué par les aides publiques, le nombre des exploitations est passé de 1 million à moins de 600 000 , et les nombreux textes européen et nationaux sont d’une complexité administrative.

Il est temps que la politique agricole soit à nouveau fondée sur les prix et non plus sur les primes qui effondrent les prix. Or les biocarburants, bientôt l’utilisation de la biomasse, l’agrochimie au sens large du terme, font apparaître l’espoir d’un débouché écologique, rémunérateur et extensible quasiment à l’infini, tant les perspectives pétrolières se font pressantes et tant l’impératif de protection de l’atmosphère s’impose à l’humanité. Si l’on veut convertir en biocarburant la consommation d’énergie en France, il faudrait utiliser la totalité des surfaces disponibles en France.

Nous sommes au début de la mise au point des procédés qui permettront de produire de l’énergie, renouvelable et infiniment moins polluante, à partir des productions végétales; et les sous-produits de ces transformations mettront à disposition des éleveurs, en particulier, des drèges ou des tourteaux, à prix abordables, qui leur permettront de combler le considérable déficit européen en matière de production de protéines.

Nous avons donc désormais le moyen crédible d’organiser, sans chute de prix, la production agricole mondiale.
Ainsi peut être traitée, pour notre pays, pour l’Europe et pour la planète la triple exigence d’une politique agricole : la sécurité des approvisionnements en produits sains, des conduites protectrices de l’environnement et le choix d’un tissu dense d’agriculteurs.
On mesure donc les perspectives de la sécurité des approvisionnements alimentaires dans un monde qu’on nous annonce à 9 milliards d’habitants en 2050, sachant que pendant ce temps, la surface de terres arables recule sur la surface de la planète.
Une agriculture vivace, c’est une exigence écologique. Au-delà des biocarburants, il faut avoir conscience que les productions végétales, notamment les productions végétales à cycle long, les prairies, les forêts, sont le moyen le plus rapide et le plus accessible de piéger et de stocker le carbone de plus en plus présent dans l’atmosphère.
Le maintien d’un tissu dense d’agriculteurs est une exigence très forte chez nous ! Sans les agriculteurs français, les paysages abandonnés, l’espace rural déserté, feraient connaître à notre pays non pas seulement une crise économique (secteur agro-alimentaire privé de matière première), une crise de l’emploi, mais une crise de société et même une crise de civilisation.

Mais n’oublions pas le tiers-monde ! Sur les 1,3 milliards de paysans sur la planète, un milliard d’entre eux vivent avec moins d’un dollar par jour !
Or l’organisation actuelle des marchés agricole mondiaux ne permet pas d’envisager le retour à l’équilibre.
Le libre-échange est bon, il est nécessaire, il est vital. mais il doit concerner des zones de production agricoles relativement homogènes. Les marchés du tiers-monde doivent être protégés au bénéfice des producteurs du tiers-monde. Le monde socialement développé doit organiser ses productions pour que le niveau des prix soit un niveau des prix rémunérateur pour le producteur, sans que l’on soit obligé de passer par l’artifice des aides publiques qui effondrent les prix de marché et désespèrent les agriculteurs. Les productions excédentaires doivent trouver les débouchés nouveaux des biocarburants et de l’agrochimie. À l’intérieur de ces grandes zones (quatre ou cinq) de la planète, le libre-échange est souhaitable et il doit être favorisé. À l’intérieur de ces zones homogènes, la disparition des aides stupides est parfaitement négociable.
Cette organisation nouvelle du monde est donc un immense effort politique. Un tel effort prendra des années de construction politique. Elle exige que la France en prenne la tête. Elle exige que la France convainque les autres pays européens. Elle exige que l’Europe porte ce message à l’OMC. Il s’agit, au sens propre, d’une révolution, d’un changement d’orientation majeur, d’un modèle nouveau à faire partager.

08.06.2006

Notre massif Vosgien a besoin de son agriculture de montagne

Notre agriculture de montagne concourt au développement économique, elle participe à la biodiversité, à l’entretien des paysages, et donc aux qualités environnementales de notre territoire.

La fonction herbagère du massif des Vosges est un axe majeur de développement :
1. Elle est liée à un élevage bovin prédominant qui induit une forte part de surfaces fourragères.
2. Elle prends en compte les 3 composantes citées plus haut : économie, biodiversité et paysages.
3. Elle est étroitement liée aux autres éléments structurants de la politique agricole en montagne
(foncier, zones de protection, ressources en eau, épandages et diversification agricole)

C’est pourquoi je soutiens la volonté des agriculteurs de montagne de s’organiser et de défendre la spécificité montagne au niveau national et européen.

Pour cela, il est nécessaire de prendre en compte la fonction herbagère et les initiatives de développement agricole dans le cadre du schéma interrégional du massif vosgien, d’accompagner fortement l’agriculture de montagne au niveau national et européen, de mener une politique volontariste de défense de l’herbe.