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24.06.2008

La SAFER, un outil au service de l'agriculture, mais aussi du développement économique et de l'environnement

Dernièrement, je suis allé à l’assemblée générale de la SAFER Lorraine. Rien ne vaut un échange direct avec les responsables et j’en suis revenu convaincu qu’en tant qu’élu , il fallait travailler avec eux pour l’aménagement du territoire et pour le développement économique.
Je rappelle le sigle « SAFER » : Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Ruraux, et ses missions :

1. Le développement durable de l’agriculture et de la forêt en zones rurales comme en zones périurbaines, avec une attention toute particulière en faveur de l’installation;
2. La contribution au développement local (appui en faveur des collectivités) et l’aménagement du territoire (réalisation de grands ouvrages publics);
3. La protection de l’environnement et la préservation des paysages.


Si l’agriculture est, et reste, au cœur de la mission de la SAFER, l’ouverture à l’ensemble des problématiques foncières de l’espace rural et périurbain se concrétise par un développement en faveur de la protection de l’environnement et du développement local.

Les élus oublient trop souvent le rôle que peut jouer la SAFER à la fois pour le développement économique et pour la protection de l’environnement. D’une part, chaque collectivité veut tirer la couverture à soi et il en résulte trop d’artificialisation de terrains au dépriment de notre environnement alors qu’une gestion plus réfléchie et plus concertée au niveau d’un territoire aurait mieux servi l’intérêt général. D’autre part, je connais beaucoup trop d’exemples en Déodatie où les élus ont créé des zones d’activités économiques sans demander l’aide de la SAFER, et là, on se prive des services d’un professionnel qui a une vision élargie de l‘intérêt commun et une efficacité reconnue pour les transactions de terrains : souvent, les collectivités mettent 7 ans, rien que pour l’acquisition des terrains, au prix de procédures lourdes comme les expropriations.

Des exemples, avec l'appui de la SAFER, dans le cadre du développement économique existent dans les Vosges : ZAC de Laufromont sur Epinal, zone de Vincey. En lorraine, au titre des grands ouvrages publics, la SAFER a participé à la LGV-Est, au Barreau Toul-Dieulouard, aux projets de routes départementales en contractualisation avec les Conseils Généraux.

21.06.2008

L'association foncière pastorale (AFP) : un outil pour soutenir l'agriculture de montagne et pour valoriser les paysages

Dans le cadre d'une journée organisée par le Conseil Général et la Chambre d'Agriculture, j'ai visité récemment, avec d'autres élus, 4 associations foncières pastorales sur les cantons de Provenchères sur Fave et de Senones. L'idée m'a séduit et je vous propose une synthèse sur les enjeux des AFP.

Problématique :
En certains endroits de la Déodatie, nous avons encore des habitations enclavées par les boisements de résineux, une fermeture des paysages et une détérioration du cadre de vie, une perte de qualité des cours d’eau, des friches humides herbacées et arbustives nombreuses et en progression, et enfin des terrasses agricoles et des vergers qui disparaissent.
Par ailleurs, il est nécessaire de trouver davantage de parcelles agricoles pour assurer la pérennité des exploitations en place.
La tempête de 1999 a permis l’ouverture de nouvelles perspectives et les communautés de communes du Pays de Senones et de la Fave ont été à l’initiative chacune de 2 associations foncières pastorales.

Pourquoi créer une AFP ?
Nous avons dans certains endroits de la Déodatie beaucoup trop de résineux, un foncier majoritairement privé, un parcellaire morcelé, et des propriétaires nombreux et dispersés.
Nous avons donc créé des AFP pour lutter contre le morcellement foncier qui rend difficile sinon impossible la mise en valeur de certains territoires et le contrôle de la végétation et pour faciliter la sauvegarde et la valorisation d’un foncier qui ne pourrait l’être de manière individuelle.

Conditions pour créer une AFP :
La condition principale est d’avoir l’accord de 50% des propriétaires possédant 50% des terres. Cela prends du temps et il vaut mieux que ce soit une personne extérieure qui se charge d’expliquer le projet et les avantages que l’on peut en retirer collectivement. Cela s’est très bien passé à Grandrupt, Belval, Le Saulcy, Le Mont, Provenchères sur Fave, La Petite Fosse, et La Grande Fosse.

Objectif d’une AFP :
- Soutenir l’agriculture de montagne en mettant de nouveaux prés à disposition des exploitants agricoles.
- Favoriser de bonnes conditions à l’installation d’un nouvel agriculteur.
- Maintenir des espaces ouverts et entretenus et un cadre de vie de qualité.
- Favoriser la diversité écologique et paysagère des milieux.
- Engager les travaux de reconquête nécessaires sur les terrasses et en fond de vallée.
- Protéger les cours d’eau.

Financement :

Les travaux de broyage, d’ensemencement, d’aménagements divers ont été financés sur les 4 exemples d’AFP que je connais à 80% par des fonds provenant de l’Europe, de la Région et du Conseil Général. Le restant 20% est autofinancé par le bénévolat valorisé des travaux en régie (bois de chauffage, débroussaillage, pose de clôtures, …).

17.06.2008

Ouverture prochaine du tunnel de Ste-Marie aux Mines

L’ouverture du tunnel de Sainte-Marie à l’automne 2008 provoque des remous dans la massif vosgien. D’une part, il y a la société privée qui veut augmenter son trafic en ouvrant à l’international et qui veut faire du chiffre en proposant un tarif de 57 euros pour les poids lourds. D’autre part, il y a les habitants du massif qui veulent préserver et améliorer leur environnement et leur qualité de vie.
La solution existe :
1. Le trafic de poids lourds de grand transit doit être totalement interdit dans tout le massif vosgien et dévié vers le nord (A4) et le sud (RN59), ce qui implique d’améliorer ces axes.
2. Le tunnel de Sainte-Marie doit être principalement orienté pour accueillir le trafic interrégional de poids lourds et pour cela le tarif doit être au plus de 40 euros. Il faut règlementer l’accès aux cols de Saâles, du Bonhomme et de Bussang qui ne doivent être empruntés par les poids lourds que pour le cabotage interdépartemental . Les autres cols ne doivent accepter qu’une circulation strictement locale.
Conclusion : La baisse du tarif et la règlementation auront pour conséquence d’augmenter le trafic dans le tunnel. Le massif vosgien n'aura plus à supporter le trafic international et nos cols respireront : un plus pour notre environnement.

09.06.2008

Un article du Figaro : François Bayrou a-t-il encore un destin ?

Voici ci-dessous un article intéressant du Figaro qui montre que François Bayrou a toujours un avenir présidentiel pour peu qu'il remplisse certaines conditions.


Le journaliste de LCI Pierre-Luc Séguillon analyse la situation du MoDem et l'avenir de son chef de file.

C'est une erreur d'analyse que d'enterrer politiquement François Bayrou. C'est une faute, au regard de la démocratie, que de s'employer à éradiquer le MoDem du paysage politique.

Il est vrai qu'il est bien difficile d'imaginer que celui qui a rassemblé sur son nom près de 7 millions de suffrages au premier tour de la présidentielle, il y a un an, puisse encore avoir un destin tant le bénéfice qu'il tira de cette élection paraît aujourd'hui dilapidé et tant l'ancien candidat semble désormais isolé. Au gré des échéances électorales, François Bayrou a perdu la quasi-totalité de ses grands élus. La plupart l'ont quitté à l'occasion des élections législatives, préoccupés qu'ils étaient de conserver leurs sièges de député. D'autres l'ont abandonné à la veille des municipales, tel pour garder une présidence de conseil général, tel autre dans l'espoir d'obtenir un strapontin ministériel.

Le président du MoDem a sa part de responsabilité dans ce sinistre politique. Son premier faux pas fut de se départir d'une stricte neutralité entre les deux tours de l'élection présidentielle. À l'inverse, François Bayrou, trop occupé qu'il était en mars dernier à tenter la conquête de Pau, s'est montré incapable de maîtriser les alliances municipales passées par les militants du MoDem pour leur donner un minimum de cohérence. Il est certain enfin que la gouvernance autocratique du président du MoDem a découragé beaucoup de bonnes volontés.

Mais il est évident surtout que Nicolas Sarkozy n'a eu de cesse, depuis un an, qu'il n'asphyxie le MoDem, qu'il ne déstabilise les derniers soutiens de son président et élimine ce parti du champ politique. Jouant du bâton ou de la carotte selon les cas, menaçant celui-ci de lui faire perdre sa circonscription, appâtant celui-là par la promesse d'une entrée au gouvernement, pratiquant un débauchage systématique des élus de l'ancienne UDF, le chef de l'État s'est personnellement employé à isoler François Bayrou.

Cette tentative programmée de liquidation d'un courant politique qui s'est affirmé lors de la dernière présidentielle est un mauvais coup porté à la démocratie. Elle menace d'atrophier l'expression politique dans notre pays. Elle risque d'appauvrir l'offre d'alternance. Elle devrait donner à réfléchir à des centristes fraîchement ralliés et déjà condamnés à n'être que les supplétifs dociles et muets de l'UMP. Il n'est pas certain en outre qu'elle soit couronnée de succès. Elle pourrait même se retourner à terme contre ses auteurs.

François Bayrou, en effet, n'est pas dénué de sérieux atouts. En premier lieu, le personnage possède une force de caractère peu commune. Loin de l'affaiblir, l'épreuve et les difficultés paraissent fortifier plus encore sa détermination et son ambition. Par ailleurs, François Bayrou a la légitimité d'une campagne présidentielle couronnée par un score plus qu'honorable. Il peut surtout revendiquer la lucidité de celui qui, à l'inverse de ses deux compétiteurs, s'est refusé l'an passé à promettre la lune et a proposé un projet compatible avec l'état alarmant des finances publiques. François Bayrou avait prédit que les engagements inconsidérés de Nicolas Sarkozy conduiraient le pays à la catastrophe financière. Les faits lui ont malheureusement donné raison.

En outre, un bien pouvant sortir d'un mal, le MoDem, doté d'une force militante neuve, est désormais lesté de tous les notables qui stérilisaient sa capacité d'invention et d'innovation. Enfin, cette formation revendique une identité politique originale. Le MoDem se veut libéral et social. Il refuse à la fois l'État à tout faire des socialistes et la remise en cause par la droite d'un modèle social fondé sur la solidarité. Il est profondément européen et ne connaît sur le sujet ni la fracture qui traverse le PS ni les désaccords qui habitent l'UMP. Il prône un mode de scrutin qui permette à l'ensemble des composantes et sensibilités politiques d'être représentées au Parlement quand le PS et l'UMP souhaiteraient se partager à eux seuls les bancs de l'Assemblée. Il se proclame adversaire de tous les conservatismes, qu'ils soient de droite ou de gauche, mais se dit hostile au changement pour le changement et à la perte des valeurs qui font la spécificité d'une nation.

Alors que le Parti socialiste paraît impuissant à se doter d'un leader et d'un projet et que Nicolas Sarkozy semble avoir gâché, au terme de sa première année de présidence, une partie des chances qu'il avait de moderniser notre pays, François Bayrou possède un réel espace politique. Il ne valorisera toutefois ces atouts dans l'avenir qu'à plusieurs conditions.

Il lui faut d'abord changer de mode de gouvernance. Sa forte personnalité ne doit pas l'empêcher de pratiquer une direction plus collégiale de son mouvement. Il importe au contraire qu'il constitue autour de lui des équipes nouvelles pour structurer cette formation politique neuve. Il convient, en second lieu, qu'il définisse son projet de manière positive. Il ne suffit pas de dire que l'originalité du MoDem est de se vouloir libre et affranchi de toute attache à la droite « sarkozienne » comme à la gauche socialiste pour justifier son existence et lui donner une visibilité. Le parti de François Bayrou n'aura de crédibilité aux yeux de l'opinion que s'il affiche clairement l'ambition qui est la sienne, quand bien même relèverait-elle encore aujourd'hui de l'utopie : devenir à terme sur l'échiquier politique et au gré d'une élection présidentielle le grand parti démocrate moderne progressiste qui constituerait une réelle alternative à la droite républicaine. Un tel pari n'a quelque chance d'être gagné que s'il s'accompagne d'un travail d'analyse, de réflexion et de proposition intense associant militants et intellectuels. Cela suppose chez François Bayrou la volonté nouvelle d'attirer à lui et de faire travailler avec lui des hommes et des femmes ayant, chacun dans leur domaine, une pensée originale.

D'ici à 2012, le président du MoDem dispose de deux échéances électorales pour roder son jeune parti, les élections au Parlement européen en 2009 puis les élections régionales. Le mode de scrutin proportionnel des européennes peut lui être relativement favorable, d'autant que la thématique européenne elle-même lui est naturelle.

Il est une vieille loi en politique : de même que la roche Tarpéienne est proche du Capitole, de même un acteur politique peut toujours revenir au sommet aussi longtemps qu'il demeure fidèle à de fortes convictions. François Mitterrand qui, quelques mois avant sa mort, confiait son admiration pour François Bayrou, fut un exemple probant de cette capacité de rebond durant son existence politique.

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