31.01.2007
Nous devons combattre l'exclusion
La santé économique de la société et l'exclusion sont étroitement liées. Le sujet de l'exclusion n'est pas annexe, compassionnel, c’est une réalité de notre société. Ce ne doit pas être seulement l'affaire des associations, mais l'affaire du pays tout entier, l'affaire du Président de la République, porteur et inspirateur de la volonté nationale.
Environ 100 000 SDF sont visibles. Et puis il y a le continent immergé de l'exclusion dans notre propre pays : 4 ou 5 millions de nos compatriotes, dont un million d'enfants. Certains ont perdu tout lien avec leurs voisins, avec l'estime publique, avec le travail ; certains sont atteints par l'exclusion depuis des décennies. On a parfois plusieurs générations en train de reproduire l'absence de normes - ou des normes à part : c'est l'exclusion grave, qui apparaît dans bien des cas comme irrémédiable.
La gravité de la menace, que la persistance de l'exclusion fait peser sur notre pays, exige une volonté politique. La solidité d'une chaîne se mesure à la solidité de son maillon le plus faible : c'est la même chose pour la solidité d'une société.
Cette stratégie globale doit comporter sa part de prévention, mais elle doit commencer par l'urgence.
Un pays comme le nôtre doit se fixer comme impératif, comme objectif vérifiable, d'offrir une solution à chaque SDF en cinq ans - le temps d'une législature. C'est un objectif ambitieux mais possible.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, lorsqu’il était Président du Conseil général, François Bayrou a initié un programme de logements ultra-sociaux pour personnes en situation d'urgence. En 5 ans, 1000 logements ont été récupérés, réhabilités, et le loyer était garanti. Comme on avait en même temps réglé les questions de droits sociaux, il n'y a eu aucun impayé. La garantie n'a pas eu à jouer. Elle était là pour rassurer le propriétaire. Tout cela a été l'œuvre d'une équipe de deux personnes.
Offrir de vraies solutions au lieu des mots, il faut commencer par là. L‘UDF propose que tout programme immobilier comprenne au moins 25% de sa surface en logements sociaux car nous croyons à la mixité : toute politique qui accepte les ghettos nous conduit au type d'impasse dans laquelle nous sommes.
Le travail permet de rendre l'estime de soi, la reconnaissance dans le regard de l'autre, la certitude d'une utilité, à ceux qui sont dans l'exclusion. L'activité universelle, c'est offrir à chacun de ceux qui sont bannis sa place dans la société que nous formons ensemble, par la reconnaissance des richesses qu'il porte en lui. Les RMIstes savent faire plein de choses, ils ont des compétences, des capacités, de la générosité, qui se sont peu à peu effacées, mais qui sont intactes au dessous de cet oubli.
Il y a mille aides, activités, secours, qu'une société comme la nôtre ne « remplit » pas. C'est pitié de le voir. Que la société française se fixe comme devoir de donner une utilité sociale à tous ceux qui peuvent assurer cette activité, est une idée de révolution civique.
Cette activité permettra aussi aux titulaires de minima sociaux d'arrondir leurs fins de mois : les collectivités locales et associations auront les moyens de leur apporter une contrepartie, cumulable un certain temps avec le RMI.
L'activité universelle s'exercera en dehors du secteur concurrentiel. Mais il faut aussi favoriser la reprise d'emploi des chômeurs de longue durée. C'est pourquoi l’UDF propose que chaque entreprise puisse créer deux emplois sans charges, pour que se dégèle le continent des emplois gelés.
Il faut s'attaquer à la jungle, au maquis des aides et contrats de toute nature, comme au labyrinthe des autorités qui gèrent ces contrats. A l’UDF, nous sommes pour un contrat d'insertion unique. Enfin, Diplômé ou non, on ne devrait pas pouvoir quitter un cycle d'études sans avoir été formé à ce que sont l'emploi, l'entreprise, le parcours à suivre jusqu'à l'embauche. On n'imagine pas à quel point ce parcours, c'est du chinois pour les jeunes !
S'il y a un lieu où déjà l'exclusion se manifeste, c'est évidemment l'école.
Nous sommes très déçu des affirmations politiques de ceux qui, à droite et à gauche, considèrent que la solution est l'abandon de la carte scolaire. La carte scolaire a ses faiblesses ; mais derrière l'idée de l'abandonner, on peut comprendre que ceux qui le voudront pourront aller ailleurs, tandis que ceux qui ne sauront pas qu'il faut aller ailleurs resteront dans les établissements déclassés. Un certain nombre d'établissements se retrouveraient en situation de ghettos, ce n'est pas acceptable. Les élèves fauteurs de troubles - qui sont bien souvent eux-mêmes des victimes d'autre chose, car c'est par perte d'estime de soi qu'ils deviennent des caïds de cours de récréation - on doit les extraire de l'établissement qu'ils déstabilisent, et leur offrir une scolarité adaptée. Une scolarité adaptée, c'est-à-dire avec des enseignants et aussi des éducateurs. Car ce n'est pas une solution de faire tourner ces élèves d'un collège A à un collège B pour revenir après au collège A, en attendant l'âge où l'on pourrait "s'en débarrasser sans regrets et sans remords" …
Deuxième chose, toujours pour prévenir l'exclusion : que, dans ces établissements fragiles, on réintroduise de l'excellence. Que dans ces établissements, on ait des classes de niveau supérieur, des classes qui permettent d'atteindre des résultats enviés.
Le calme républicain, l'excellence républicaine, voilà ce qui fera de ces écoles, non plus des ghettos, mais des lieux où l'exclusion sera efficacement combattue.
Je voudrais souligner un point : dans un grand nombre de cas, il est décourageant de sortir du minimum social pour entrer au travail, vous y perdez beaucoup, singulièrement si vous êtes une jeune femme seule qui élève un ou plusieurs enfants. Vous y perdez un certain nombre d'aides complémentaires qui sont attachées à ces minima sociaux. Et vous devez faire face à la garde des enfants, au transport… C'est une "trappe" dont il faut sortir.
L’UDF propose l'unification des minima sociaux en une allocation unique, par points (par exemple, être en situation de femme seule avec enfants donnerait tant de points), conciliable un certain temps avec un salaire, de manière dégressive.
L’exclusion n'est pas une catégorie à part. Elle est la partie émergée de la paupérisation chronique de la société française, en particulier des classes moyennes. C'est une question terrible pour notre pays. Il y a quelques années, avec un salaire moyen, on faisait des économies. Aujourd'hui, on n'y arrive plus.
Et au-dessous du salaire moyen, il y a 12 millions de personnes !
Il nous faut une stratégie globale de lutte contre la paupérisation. C'est une question d'équilibre pour la société française.
Les statistiques posent problème. Le logement n'est compté, dans le calcul du pouvoir d'achat, que pour 11% du budget d'un ménage. C'est une moyenne entre ceux, propriétaires de leur logement, pour qui c'est 0%, et ceux pour qui c'est 40 ou 50%. Un des raisons de la rupture entre pouvoir et citoyens est que les citoyens ne reconnaissent pas leur pays dans celui qui leur est montré à la télévision par leurs gouvernants.
Notre société doit avoir la capacité de regarder les choses en face, de ne plus accepter le mensonge officiel.
La vérité est la seule fondation sur laquelle on puisse rebâtir la maison.
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29.01.2007
La dette de la France
À cet instant, la dette publique française est proche de 1200 milliard d’euros. Elle représente aujourd'hui 4 fois le budget annuel de l'état!
Et ce n’est que la face émergée de l’iceberg : les retraites de la fonction publique et les régimes spéciaux ne sont toujours pas financés et cela représente tout de même 1000 milliard d’euros. Si maintenant on ajoute tous les transferts de l’état vers les collectivités territoriales, je vous laisse imaginer l’état réel de la dette.
Chaque année, la dette coûte environ 50 milliards d'euros: C'est l'équivalent de 20% du budget de l'état, soit 89% de l'impôt sur le revenu ou encore 140% de l'impôt sur les sociétés qui sert à payer juste les intérêts de cette dette nationale.
Si on ramène ce chiffre à la population française, à la naissance, un petit français doit donc déjà 18 000 € à différents "investisseurs"! C’est immoral et scandaleux.
En 25 ans, l’endettement de l’état, n’a cessé de croître, de 20 % en 1980, il devrait représenter en 2005 près de 65 % du PIB. Les intérêts de la dette ont progressivement représenté un poste de plus en plus important parmi les charges de l’état et handicapent nos capacités d’action et font peser sur les générations futures une charge financière importante...
Cette cavalerie budgétaire, qu’aucun banquier ne tolérerait d’un particulier ou d’une entreprise, s’est traduite par une explosion sans précédant de la dette publique. Un des moyens d’assainir la situation budgétaire serait de voter en équilibre le budget de la Nation. Le recours systématique à l’emprunt par l’état et par les collectivités territoriales ne devrait être autorisé que pour le financement des investissements, lesquels devraient eux-mêmes répondre à des objectifs de développement durable, de politiques de recherche, d’innovation d’équipements...
François Bayrou est le seul à avoir la volonté de réduire la dette. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont des programmes bien trop coûteux, de l’ordre de 70 milliard d’euros. Quand on sait que Nicolas Sarkozy a dépensé 3 millions d’euros pour son « sacre », en fait une simple formalité, je vous laisse imaginer les dépenses somptueuses qu’il pourrait faire s’il était au pouvoir.
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28.01.2007
Nous devons soutenir les petites entreprises
L’essentiel de ce qui fait la santé, la vigueur, la richesse, l’emploi du pays, c’est l’entreprise. Dans notre pays où les jeunes, par souci de sécurité, déclarent rêver, à 75 %, d’entrer dans la fonction publique, c’est donc l’entreprise, et l’esprit d’entreprise, qu’il faut rétablir dans sa force et dans sa dignité.
En 15 ans, les entreprises de plus de 500 salariés ont perdu près de 300 000 emplois et les petites entreprises, celles de moins de 500 salariés, ont gagné près de 2 millions d’ emplois. C’est pour cela que nous devons soutenir activement la petite et moyenne entreprise.
Les grandes entreprises ont les moyens puissants de leurs directions des ressources humaines, de leurs services comptables, de leurs avocats en droit fiscal ou social : elles discutent avec l’administration d’égal à égal, et souvent même, l’avantage de la technicité est de leur côté.
Mais l’artisan, qui a un ou deux compagnons, dont la femme assure le quotidien de la comptabilité et des papiers, l’entreprise de dix ou quinze personnes, celle-là, dans les mêmes circonstances, s’arrache les cheveux.
Il faut donc simplifier et demander à ceux qui subissent la complexité d’y travailler paritairement.
Il faut protéger les jeunes pousses, réduire, par une politique volontaire, les délais de paiement des grandes entreprises et des distributeurs, les délais de paiement de la puissance publique à l’égard des PME.
Il faut qu’une part des marchés publics soit réservée aux petites et moyennes entreprises, par exemple, comme aux Etats-Unis, 20 % du volume total des grands marchés et la totalité des marchés inférieurs par exemple à 50 000 €.
Tout contrôle fiscal devrait être précédé d’un conseil, d’un avis, de l’exposé d’une requête au lieu de sacrifier à la culture d’inquisition.
Nous avons un problème de concentration des charges sociales sur le travail, nous devons réfléchir à d’autres solutions comme la taxe sur la consommation.
Il y a dans ce pays un continent des emplois gelés qu’on peut dégeler en permettant à chaque entreprise de créer 2 emplois sans charges. Ces deux emplois, ce ne sont pas seulement des emplois à faibles qualifications, ce sont aussi des personnes de plus de 50 ans, des ingénieurs ou des personnes à haute technicité, qu’on n’embauche pas parce qu’ils coûtent trop cher.
Maintenant parlons des 35 heures : elles ne sont pas seulement une erreur, elles sont une faute dont toute la société a payé le prix, en perte de capacité, en pouvoir d’achat, en dépenses publiques et cela sans apporter les créations d’emplois promises. Mais comme c’est souvent le cas à l’occasion d’une mesure déséquilibrée, de nombreux salariés y ont trouvé un équilibre nouveau auquel ils tiennent.
À cette question, il faut donc apporter une réponse assez simple, compréhensible, sécurisante, pour que cette décision ne soit pénalisante pour personne. D’abord, il faut faire confiance aux partenaires sociaux à l’intérieur des branches. À chaque branche sa logique, et dès l’instant que les partenaires sociaux se mettent d’accord, l’État doit leur garantir qu’on leur fait confiance. Ensuite, il faut qu’un nouveau régime des heures supplémentaires permette, dans l’entreprise, à chacun de répondre librement à ses attentes. Nous voulons faire un pas en avant, qui intéressera l’organisation du travail et le pouvoir d’achat et proposons une augmentation généralisée de la prime pour heure supplémentaire, qu’elle passe à 35 % pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, et que le coût de cette prime soit neutralisé en le défalquant des charges sociales.
Enfin il faut une stratégie de stabilité juridique, de stabilité fiscale, afin que l’entreprise puisse penser son avenir dans le long terme, en évitant tout sentiment d’insécurité.
C’est une des raisons pour lesquelles nous devons proposer aux Français une approche moins partisane, moins clanique, pour empêcher que toute alternance amène la majorité nouvelle à détruire le travail de la majorité précédente. Nous devons rendre l’adoption de la loi plus difficile, en exigeant un long temps de réflexion publique pour permettre aux partenaires sociaux et aux entreprises concernées de faire savoir leur réticence ou valoir leurs intérêts.
21:55 Publié dans Developpement economique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : udf vosges, udf 88, udf saint-dié, udf lorraine, economie, emplois, entreprise
