13.05.2006

La crise du logement

Notre société traverse une crise profonde en matière de logement. Nous avons le paradoxe qui voit un secteur en pleine euphorie économique - avec ici ou là des spécialistes qui signalent des menaces sur cette euphorie - et parallèlement une très grande insatisfaction sociale, d’innombrables demandes de familles ou de personnes qui voudraient un autre logement que celui qu’elles ont, le sentiment que budgétairement elles n’y arrivent plus et donc qu’il leur est impossible d’acquérir ce logement supérieur ou mieux placé. Il y a donc une frustration très importante. Il y a, pour aller encore plus loin, le scandale social, national que représente le fait que peut-être cent mille personnes soient dans la rue, sans logement, sans domicile fixe, sans moyen de se fixer. Cette catégorie, on a l’impression qu’elle croît en nombre alors que pendant longtemps on pensait qu’elle décroissait. Et même vous le savez, les médias ont signalé le cas de personnes dormant dans leur voiture alors qu’elles ont un emploi et donc un salaire.
Voici quelques propositions :
1.
La France est parmi les pays européens où la réglementation et la législation en matière de logement sont les plus compliquées, il faut donc simplifier.
2. Toute personne a droit à un logement décent. On peut récupérer des locaux qui ne trouvaient pas d’usage, en les réhabilitant, en garantissant le paiement du loyer à leurs propriétaires. Il y a des ressources immenses disponibles et il s’agit de les mobiliser pour un objectif comme celui-là essentiel pour le projet d’une société dans son ensemble.
3. Une politique du logement pour l’avenir ne peut plus se contenter de la sectorisation qu’elle opère entre le privé, le public et l’associatif. Elle doit mobiliser également les trois et donc faire sauter un certain nombre de barrières. Et c’est d’autant plus nécessaire si l’on veut entrer réellement dans une logique de mixité. Parce que la situation actuelle de notre pays, la crise que nous avons connue dans les banlieues, tout cela est en réalité la conséquence de nos modes d’organisation. La spécialisation des mêmes gammes de logements s’adressant aux mêmes publics, réalisés par les mêmes acteurs, selon des règles uniformes, a produit des ghettos dont la France en Europe occidentale a la triste spécialité et dont elle risque de souffrir pendant des décennies.
4. Tous les programmes immobiliers à partir d’une certaine dimension doivent comprendre au moins 25% de leur surface en logements sociaux.
5. Pour les personnes dont la situation sociale s’est améliorée et qui occupe encore un logement social, la modulation des loyers en fonction de la situation avec un supplément de loyer de solidarité est une solution.
6. Il faut rechercher de la sécurisation pour que se retrouvent sur le marché des appartements qui n’y sont pas aujourd’hui : sécurité pour les bailleurs qui permettra de mettre plus de logements sur le marché, sécurité pour les locataires qui leur permettra d’entrer dans la jouissance de leur appartement sans avoir cette angoisse d’avoir à chercher des cautions toujours plus lourdes et toujours mieux garanties.
7. L’aide à la pierre doit être ciblée sur des besoins de logement prioritaires et durables.
8. La fiscalité locale pour le logement doit revenir à la régionalisation de la contribution des entreprises au logement. Dans les régions en expansion où le besoin de logements est plus élevé et où la ressource des entreprises l’est aussi, le taux pourrait être plus élevé, et dans les autres régions le taux pourrait baisser ce qui contribuerait autant que possible à un meilleur équilibre de l’emploi ou de l’activité économique sur le territoire.
9. Il faut faire un immense effort de recherche sur le logement et l’urbanisme. Les possibilités de réduire la facture énergétique , de bénéficier d’un progrès écologique ou de développement durable sont énormes.

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